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Moulin du Sempin

Moulin du Sempin

En 1735, Jean Hyacinthe Hocquart II Hocquart, chevalier, seigneur de Montfermeil et de Coubron, acquiert un terrain au lieudit « La Justice » en bordure du vieux chemin de Saint-Denis à Meaux pour y faire édifier un nouveau moulin en 1738, dit « moulin à tour » et la maison du meunier.

C’est à l’endroit le plus désertique, balayé par les vents à l’extrémité Est du plateau, que Jean Hyacinthe fait construire le nouveau moulin accompagné de la maison du meunier, sur un terrain de 10 arpents qu’il vient d’acquérir au lieudit « La Tuilerie proche de la Justice ».

Avec la Révolution, les biens sont saisis et le meunier est chassé. Le moulin et ses dépendances sont vendus à Sieur Duperron, meunier à Gonesse. L’Empire restitue le moulin à la Marquise de Montfermeil mais il est concurrencé par le moulin à cage construit vers les Perriers.

Le 19ème siècle : le déclin des moulins à vent

En 1840, Monsieur de Nicolaï ferme définitivement le moulin à tour. Abandonné, il est acheté par un commerçant dans les années 1900. Il devient alors « le moulin de la galette ». Sa hauteur est diminuée et il est doté d’une passerelle en fer pour les visiteurs et de nouvelles ailes, en fer elles aussi, pour le folklore. La maison du meunier attenante est rehaussée et transformée en guinguette, attendant les clients qui viennent de la place des marronniers descendant du tramway.

Avec l’industrialisation, les moulins à vent commencent à décliner. L’arrivée des moulins à vapeur, puis à moteurs électriques, réduit l’importance des moulins à vent traditionnels comme celui du Sempin. Malgré cela, le Moulin du Sempin continue d’être utilisé jusqu’à la fin du 19ème siècle, bien que son activité se réduise progressivement.

Le site reste cependant un lieu emblématique de la région et les habitants de Montfermeil y sont très attachés.

Restauration et préservation

Après la guerre de 1914, le Moulin du Sempin est abandonné à nouveau. La maison du meunier est détruite en 1941. En 1971, la commune achète le bâtiment à l’abandon et 1000 mètres de terrain à l’entour. Des travaux de sauvetage commencent en 1978. La même année, il est démoli. Il est reconstruit avec les pierres d’origine un peu plus loin (à 140 mètres) en 1986, afin d’éviter l’effondrement dû aux carrières de gypse dont l’exploitation a cessé après la seconde guerre mondiale. En 1988 il est inauguré et devient le « Moulin du Sempin ».

Le moulin est reconnu pour sa valeur patrimoniale et historique. Des associations locales et la municipalité entreprennent des travaux de restauration pour préserver cette mémoire du passé rural de Montfermeil. Au cours des années 1990 et 2000, le moulin est rénové pour en faire un site touristique et culturel. Le Moulin du Sempin devient alors un lieu d’attraction pour les visiteurs intéressés par le patrimoine et l’histoire de la région.

Aujourd’hui : un symbole du patrimoine local

Aujourd’hui, le Moulin du Sempin est un symbole du patrimoine de Montfermeil. Il est ouvert aux visiteurs lors de journées spéciales, telles que les Journées Européennes du Patrimoine. 

Le Moulin du Sempin est le dernier moulin à vent en état de marche en Seine-Saint-Denis. Il est classé Patrimoine d’intérêt régional et sert de musée vivant, permettant aux visiteurs de découvrir le fonctionnement traditionnel de la meunerie. Le parc environnant offre un cadre agréable avec un théâtre de verdure, un verger, une vigne et un rucher. 

La préservation du moulin s’inscrit dans une démarche de valorisation du patrimoine agricole et meunier local. Il produit de la farine, accueille des démonstrations de meunerie (trémie, meule, rouet, bluterie…) et propose des visites pédagogiques ouvertes à tous les publics.

Le Parc Jean-Pierre Jousseaume

Le parc Jean-Pierre Jousseaume (ancien adjoint au maire) ou parc du Sempin a été aménagé sur d’anciennes carrières de gypse. Le terrain de 5 hectares a été acheté à l’Union des entrepreneurs pour le franc symbolique. Combler les galeries souterraines et rendre le terrain dans son état d’origine, a été le premier travail réalisé par le Groupement du Moulin du Sempin. Le suivi des remblais a été assuré par l’Inspection Générale des Carrières. Le remblaiement a duré environ 5 ans. L’une des raisons de cet intérêt était la sécurité. En effet, un réseau de galerie se trouve sous les carrières, avec des risques évidents. Le gypse en était extrait depuis environ un siècle. L’exploitation s’était arrêtée au lendemain de la deuxième guerre mondiale.

En 1988, un vaste projet a été lancé pour réhabiliter ce site et l’aménager dans les meilleures conditions. Après plusieurs années de négociations entre les villes concernées, les travaux ont pu débuter. Ils se sont étendus sur quatre à cinq ans et ont mobilisé près de 2 millions de mètres cubes de terre, témoignant de l’ampleur du chantier. 

Conduits en concertation avec les associations écologistes, ces aménagements ont permis de dégager les grandes priorités : restaurer le terrain tout en préservant les ressources naturelles.

Tout a été pensé pour protéger la richesse de la faune et de la flore présentes ici. Le site est notamment célèbre pour sa pelouse singulière : une herbe sèche calcaro-marneuse qui pousse sur un sol particulier et qui, au lieu d’être verte, prend une teinte jaune caractéristique. Cette originalité en fait un écosystème rare, reconnu au niveau national et intégré à un inventaire pour la valeur économique de ses sites ponctuels.

De nombreuses espèces remarquables s’y développent, qu’il s’agisse de plantes adaptées à ce sol spécifique ou d’une faune variée, allant du grillon italien à la mante religieuse. La gestion et la préservation du site sont aujourd’hui assurées par l’ANCA (Les Amis Naturalistes des Coteaux d’Avron), qui veille à maintenir cet équilibre écologique et patrimonial.

Les carrières de gypse et leur impact

Au début du 20ème siècle, le site du Sempin, situé sur les communes de Chelles et Montfermeil, est exploité pour son gypse. Les carrières souterraines, creusées pour extraire ce minéral, ont fragilisé le sol, entraînant des affaissements et des instabilités. Dans les années 1990, le site est partiellement remblayé et fermé au public. Cependant, des affaissements subsistent, notamment dans le parc Jean-Pierre Jousseaume, ouvert en 2002, qui est fermé en 2004 en raison de ces risques. 

À vos
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